Auteur : admin2095

Ghostwriter

installation
(vidéo couleur, son stéréo, 10m52 ; 2 éditions, 12x18xm)

Il existe toute sorte d’auteurs. Romanciers, scénaristes, chercheurs... Mais qu’en estil des écrits non-créatifs ? Qui
écrit les articles commerciaux, les fiches produits, les textes pour moteurs de recherche ? Ces écrivains-fantômes,
qui écrivent à la commande ont-ils un processus créatif semblable aux auteurs qui nous sont plus familiers ?
Cette installation tourne autour de l’écrivain JR16-7752, et prend la forme d’un documentaire vidéo sur sa pratique
de l’écriture, et sa vision de la création. Le comment et le pourquoi sont aussi important l’un que l’autre dans sa
façon de travailler. Elle est également composée de deux éditions, l’une compilant les commandes à la manière
d’une collection, l’autre contenant les textes écrits par JR16-7752.
Ghostwriter, questionne à la fois cette pratique de l’écriture, mais aussi la forme du documentaire dans l’art
contemporain. Quels sont ses enjeux, comment cette esthétique révolutionne la manière de montrer une pièce au
spectateur ? Quelle est la place du spectateur face à une telle restitution ? Doit-il croire un artiste sur parole, ou
rentrer dans la peau d’un enquêteur et débusquer la fiction qui se cache dans la réalité ?

782 heures

782 heures

12 x 18cm
édition

782 heures représentent le trajet à pied d’Alep à Calais, calculé par Google Maps. Cet itinéraire généré par Google est repris ici tel quel et édité. Le format est proche de celui d’un guide de voyage. Il s’agissait ici de créer à nouveau par l’algorithme Google. Encore une fois se pose la question de l’auteur ? Si le résultat fourni par le logiciel est simplement transposé est-ce que le logiciel est auteur de la pièce ? Ou le fait de l’éditer est-il une modification suffisante pour en devenir l’auteur ?
Ce déplacement entre Alep et Calais est certes prétexte mais pas anodin : Google avertit l’utilisateur de la potentielle impossibilité d’un tel trajet, alors qu’il a été réalisé par de nombreux réfugiés. Mais ici l’humain est éliminé, seul le point de vue théorique de la machine qui calcule le meilleur itinéraire est présenté.

Passer la frontière

Cette vidéo rend compte d’une performance, du passage à travers une frontière. Un galet a été prélevé sur une plage Toulonnaise (France), et a été emmené sur une place à Vintimille (Italie). Là bas, il est déposé au milieu des autres galets, où il devient invisible.
Cet acte performatif a été réalisé dans l’idée de faire passer un objet innocent à travers une frontière, de le déraciner pour qu’il se retrouve dans un autre endroit. Ce passage s’est fait dans une boite, caché, semblable à un acte illégal.

Au moment où cet acte a été réalisé, plusieurs réfugiés étaient encore bloqués aux frontières franco-italiennes. La ville de Vintimille fait par ailleurs partie du passage de ces réfugiés qui quittent l’Italie pour la France.

Ah ! Madame

EN COURS

Ah Madame!

Ah ! Madame

Cette pièce fait suite à une expérimentation sur les boites à musique, et sur des rouleaux de pianola. Certains rouleaux sont percés de lignes et de points, sembables à du morse. Ainsi, ces points et ces lignes deviennent des chiffres ou des lettres, et des bips plus ou moins longs. Ils sont ensuite associés à l’alphabet de l’OTAN dans une vidéo qui explore ces modes de communication cryptés, et sur différents alphabets. Ah Madame ! dont le titre est tiré du rouleau de pianola utilisé ici, est une pièce synthétique de ces différents questionnements sur la traduction, l’auteur, et l’alphabet.

La Recherche

La Recherche

14,8 cm x 21 cm 8 livres, papier offset, fil. Pièce unique.

Cette pièce provient d’une réflexion sur la ponctuation et son usage. J’ai choisi de travailler avec James Joyce (Ulysses) et Marcel Proust (A la recherche du temps perdu) pour leur style particulier. Le texte est effacé, et seule la ponctuation reste. Il y a eu un effacement du récit, un retournement de situation. Ce qui d’habitude est au service de l’histoire se retrouve au premier plan, alors que l’histoire disparaît. Il y a alors une double réflexion : qu’advient-il de l’effacé ? Et quelle est ma part de création lorsque j’efface des artistes établis ? Il n’est pas question de censure ici, mais bien d’un ajout. On retrouve l’auteur non plus par des considérations biographiques mais par son style, par l’essence même de l’écriture.
Le livre est devenu muet, semblable à ce que produit la lecture pour soi, il donne à voir le souffle.

La recherche

11 : 1-9

Edition, 100 exemplaires, 2016

11 cm x 18 cm
Edition, tirage à 100 exemplaires

11 : 1-9 est une édition de 17 poésies toutes passées par dix traductions successives sous Google Translate.
11 : 1-9 est une référence au passage de la Bible qui traite de la Tour de Babel, une explication mythologique aux différences de langues. Cette pièce est une réflexion sur la traduction, sous-jacente dans la plupart de mes pièces. Quelle est la place du traducteur dans le processus de création ? Les poésies utilisées sont toutes tombées dans le domaine public, et ont été étudiées dans un parcours scolaire. Je questionne à la fois la place du traducteur, celle de l’auteur, et son autorité. L’utilisation d’un outil technologique tel que Google Translate pour créer une pièce est également questionnée ici.
Dans le même temps, une maison d’auto-édition fut créée, afin d’héberger ces multiples, et leur donner un statut différent de celui de pièce unique que l’on peut retrouver habituellement dans les œuvres artistiques.

Constellations

Constellations

Constellations

typographie, dimensions variables Walter Benjamin dit que « percevoir c’est lire. » Ce raisonnement est repris ici, où les étoiles deviennent un alphabet. Cette typographie est basée sur des constellations créées en septembre 2015, sur des vues du ciel de Toulon. Chaque groupement d’étoile correspond à une lettre. Puis, la typographie est mise à disposition sur internet. Une forme d’intimité se produit entre l’utilisateur et la pièce, où il est le seul à savoir ce qu’il écrit. Ainsi, le texte devient un espace.