A propos

Ma démarche plastique se déroule comme un cheminement de pensée : je pars d’un point A sans savoir au
préalable où il me mènera et où sera mon point B. Mon travail se situe dans les interstices, les passages
d’un élément à un autre, qu’il s’agisse de traduction ou de transformation. Dans mes pièces, l’usage de la
traduction ne se limite pas seulement à passer d’une langue à une autre, mais bien à explorer les limites
de ce passage. Que perd-t-on ? Que gagne-t-on ?
Mais j’interroge aussi d’autres notions, telles que la place de l’auteur. Où commence l’acte de création, et
qu’est ce qui définit l’auteur, qu’est ce qui fait de lui le créateur ? Si j’utilise un outil, souvent technologique
et algorithmique, je réalise des pièces que j’appelle de « création assistée » alors, où est ma place ? Tout
comme la place du traducteur, celle de l’auteur est une place dont les frontières sont en cours de définition
dans mes pièces.
Ainsi, au travers d’éditions, de vidéos et d’installations, je cherche non seulement à définir ce qu’est un
auteur et jusqu’où son autorité s’étend, mais également ce qui fait œuvre. Est-ce le processus ? Est-ce
le résultat ? Dans ma démarche plastique, le processus compte souvent autant que le résultat, qui n’est
souvent qu’une manière de donner à voir un cheminement de pensée. Mais le spectateur n’y est pas
oublié : sans son activation, sans sa participation, des pièces telles que La Recherche ne peuvent pas
exister, aussi paradoxal soit-il, puisqu’elles semblent en apparence, être vides.